6h30, l’accordéon de Yann Tiersen chante une valse lente dans la chambre…
Ce matin, c’est décidé, je prendrai « un temps pour moi » avant que de partir au bureau… temps de café, de lecture, de réveil à soi, et au monde, à petites gorgées… Et puis regarder K. qui dort tout bas à mes côtés.
7h15… K. me secoue
« T’es à la bourre, réveille-toi ! ». Yann Tiersen hurle une valse entêtante dans l’appartement. Journée pompier… comme on part au feu, je pars à Stains.
La douche, le sac, cahier de perm., répertoire, dossiers, documents - 8kg - tant pis pour le petit déjeuner, j’achèterai en chemin, tant pis pour la piscine de ce soir, pas la place, pas le temps… Et merde, j’suis pas coiffée… et puis, qu’est ce que ça change…
RER… dans mon sac, le bouquin commencé la veille… ce matin, je m’approprierai l’heure de RER… mais… pas de place… collée contre la vitre, je regarde passer l’Ile de France… coup de fil quasi quotidien
« Je serai en retard, il y a un colis suspect à gare du Nord »… 1h30 à ne rien faire d’autre que patienter…
Le café d'en face:
Bonjour, vous allez bien - poignée de main virile-
faut que je vous parle de mon frère… et je l’écoute me parler de son frère.
Entretien… Tenter de garder en tête l’importance du faire /faire faire/faire avec… ne rien faire, aussi parfois, simplement…
Courriers, téléphones…
S’étonner de ces vies, mises en présence… au-delà des drames, des angoisses, suscitant la rencontre… S’étonner de ces vies que je découvre, de ces vies qui se livrent… cadeau…
Et puis toujours, jeune professionnelle chancelante, flirter sur le fil de la relation d’aide et de l’activisme facile…
Aujourd’hui, j’ai la pêche, je m’accroche à mon fil éthique… [étique ?]
Entre deux entretiens, sourire aux collègues, échanger quelques infos, et faire le clown…
13h30 Retour à La Courneuve, pour ma suite de perm… ¾ d’heures de bus, et un sandwich pas très diététique plus tard, retrouver dans mon bureau au sous sol M. et A. Partager autour d’un café les situations qui questionnent.
Corriger un courrier, refaire une feuille de frais («
non, faut que tu la refasses, t’as fait une rature, ça passera jamais à la compta"), manger un chocolat, rêver quelques instants, et se sentir coupable, draguer d’un peu plus près ma copine Anaiss
[1], perdre un courrier, et chercher un prospectus, faire parfois beaucoup de bruit… pour rien ?