
Il est égyptien. Je le connais depuis deux ans. A l'époque, il venait tout juste, après de longues années d'attente de bénéficier du regroupement familial. Son épouse et leurs quatre enfants étaient d'arrivés en France, des rêves plein la tête. "Là-bas me dit-il, je leur avais construit un palais... alors ils s'attendaient à ce qu'ici je sois président...."
Il est égyptien, il est en France depuis dix neuf ans. Il est ouvrier dans le bâtiment, et tout juste quinze jours après leur arrivée, il chutera d'une verrière située au 4ème étage d'un immeuble. Séquelles.
Au cours de ces deux années, nous avons évoqué sa situation administrative, l'intégration scolaire des enfants, les plus jeunes d'abord, et puis les plus âgés, qui avaient poursuivi de brillantes études universitaires en Egypte.
Aujourd'hui, pour la première fois, il dit, avec des mots qu'il n'a pas appris à dire en français sa honte, son sentiment d'échec, sa responsabilité d'homme, sa femme qui ne parvient pas à trouver sa place ici, leur relation... le pas de chance...
Il repense à ce jour de juillet, sur le chantier. Ce jour là, il voulait les amener voir la Pyramide du Louvre "pour qu'ils se sentent un peu chez eux ici" m'avait-il dans un sourire...



















































































